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La sécurité intérieure

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La sécurité intérieure : un fil conducteur du développement humain

 

Et si les notions d'attachement, de régulation émotionnelle, de théorie polyvagale, de traumatisme ou encore de psychothérapie racontaient finalement une seule et même histoire ?

Nous parlons souvent de confiance en soi, d'estime de soi, de résilience ou encore d'équilibre émotionnel.

Ces notions sont importantes, mais elles reposent toutes sur un socle plus profond, souvent moins visible : la sécurité intérieure.

Ce sentiment intime d'être suffisamment en sécurité pour explorer le monde, entrer en relation avec les autres, demander de l'aide lorsque cela est nécessaire, traverser les difficultés sans perdre complètement pied et continuer à avancer malgré les épreuves.

Cette sécurité ne se décide pas.

Elle ne dépend pas uniquement de notre personnalité.

Elle se construit progressivement, au fil de notre histoire.

 

Nous ne naissons pas avec un cerveau capable de tout réguler seul

À la naissance, le cerveau humain est encore profondément immature.

Le nouveau-né ne peut pas calmer seul son stress, organiser ses émotions ou retrouver un état d'apaisement après une expérience difficile.

Pour y parvenir, il dépend entièrement des adultes qui prennent soin de lui.

Lorsqu'un parent prend son bébé dans ses bras, le berce, le regarde, lui parle avec douceur ou répond à ses pleurs, il ne répond pas seulement à un besoin immédiat.

Il participe progressivement à la construction du cerveau de son enfant.

Pendant longtemps, le bébé emprunte littéralement les capacités de régulation de ceux qui prennent soin de lui.

C'est grâce à ces milliers d'expériences répétées que son système nerveux apprend peu à peu à retrouver son équilibre.

 

Une construction qui passe par le corps avant de passer par les mots

Nous imaginons souvent que la sécurité se construit grâce aux explications ou aux apprentissages.

En réalité, elle commence bien avant le langage.

 

Elle se développe à travers des expériences profondément corporelles :

  • Être porté

  • Être contenu

  • Être regardé

  • Entendre une voix apaisante

  • Sentir une présence rassurante

  • Être réconforté après une peur.

 

Toutes ces expériences façonnent progressivement la manière dont le cerveau et le système nerveux apprendront à percevoir le monde.

Avant de devenir une idée, la sécurité est d'abord une expérience vécue.

 

Les relations deviennent peu à peu une sécurité intérieure

Au fil des années, les expériences répétées avec les personnes qui prennent soin de nous s'organisent progressivement en représentations internes.

L'enfant découvre que certaines personnes répondent à ses besoins, que ses émotions peuvent être accueillies, que la peur peut être apaisée, que les séparations ne sont pas toujours définitives, que les conflits peuvent être réparés.

 

Peu à peu, ces expériences cessent d'avoir besoin d'être constamment vécues dans la relation et elles deviennent une manière d'habiter le monde.

Ce qui était d'abord porté par les autres est progressivement intériorisé.

C'est ainsi que se construit la sécurité intérieure.

 

Lorsque cette sécurité a été fragilisée

La vie ne suit malheureusement pas toujours ce chemin.

Certaines personnes ont grandi dans un environnement marqué par l'insécurité, les séparations précoces, les violences, les deuils, les maladies, les traumatismes ou des difficultés relationnelles répétées.

Leur système nerveux a parfois appris que le monde était imprévisible ou dangereux.

Il peut alors rester plus facilement en état d'alerte, avoir du mal à retrouver le calme, anticiper les dangers ou éprouver des difficultés à faire confiance.

Il ne s'agit pas d'un manque de volonté et encore moins d'un défaut de caractère.

Il s'agit souvent de l'expression d'un système de protection qui s'est construit pour permettre à la personne de s'adapter à son histoire.

 

Heureusement, notre histoire ne s'arrête jamais

Pendant longtemps, on a pensé que les premières années de vie déterminaient définitivement notre développement mais nous savons aujourd'hui que cette vision est incomplète.

Le cerveau conserve, tout au long de la vie, une remarquable capacité de transformation.

Les nouvelles expériences relationnelles peuvent progressivement modifier les représentations que nous avons de nous-mêmes, des autres et du monde.

La sécurité intérieure peut donc continuer à se développer bien au-delà de l'enfance.

 

Comment cette sécurité peut-elle être restaurée ?

Les recherches actuelles montrent qu'il n'existe pas une seule voie vers la réparation.

Certaines personnes trouvent un nouvel équilibre grâce à une relation profondément sécurisante, d'autres à travers un travail psychothérapeutique et d'autres encore grâce à des expériences corporelles, sensorielles ou émotionnelles qui permettent au système nerveux de retrouver progressivement davantage de stabilité.

Toutes ces approches ont un point commun : elles offrent au cerveau et au corps de nouvelles expériences suffisamment sécurisantes pour que d'anciens apprentissages puissent progressivement évoluer.

 

Un fil conducteur entre des approches qui semblent différentes

  • La théorie de l'attachement nous aide à comprendre comment se construisent les premiers liens.

  • La théorie polyvagale éclaire la manière dont notre système nerveux perçoit la sécurité ou le danger.

  • Le holding et le handling rappellent combien le corps participe au développement du sentiment de sécurité.

  • La continuité sensorielle montre que cette construction débute avant même la naissance

  • Le psycho traumatisme explique comment certaines expériences peuvent venir fragiliser cet équilibre

  • Des approches thérapeutiques comme l'Intégration du Cycle de la Vie (LI-ICV) ou le Safe and Sound Protocol (SSP) proposent, chacune selon leurs principes propres, des moyens d'accompagner ce processus de restauration.

 

Ces théories et ces approches utilisent des concepts différents.

Pourtant, elles se rejoignent sur une idée essentielle : l'être humain continue de se construire dans la relation, et le changement reste possible tout au long de la vie.

 

Une manière de regarder l'être humain

La sécurité intérieure n'est ni un trait de personnalité, ni une qualité que certaines personnes posséderaient naturellement et d'autres non.

Elle est le fruit d'une histoire, faite de rencontres, d'expériences, d'épreuves, de séparations, de retrouvailles et parfois de blessures.

 

Comprendre cela change profondément notre regard.

En effet, au lieu de se demander « Pourquoi suis-je comme cela ? », il devient possible de s'interroger autrement et de se demander : « quelles expériences ont contribué à construire ma manière d'être au monde... et quelles nouvelles expériences pourraient aujourd'hui m'aider à continuer d'évoluer ? »

 

Cette perspective ne nie ni les difficultés ni les souffrances.

Elle rappelle simplement qu'au cœur du développement humain demeure une formidable capacité de transformation.

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